Le Lavoir du Buisson Saint Louis : un îlot de vert en plein Belleville

Le Lavoir du Buisson Saint-Louis, situé près de Belleville, dans le 10e arrondissement de Paris, fait référence en matière d’habitat partagé. A l’origine du projet, des soixante-huitards ? Des artistes ? Oui. Deux des fondateurs, Catherine et Jean-Louis, partaient régulièrement en vacances communautaires et décidé de partager un pavillon avec leurs amis Dominique et Benoït. Ils sont tombés sur un immense lavoir en ruine. A ce moment, ils sont quatre familles, trop peu pour occuper cet espace si immense. Quatre ans après la découverte des lieux, 12 familles emménagent. Plutôt des CSP+, dont un polytechnicien, un énarque, des cadres supérieurs, un psychiatre, une spécialiste de l’histoire byzantine et un graphiste. Principaux bénéficiaires de ce paradis bellevillois, les jeunes. Ils ont occupé la salle commune transformée pour l’occasion en centre de loisirs et les échanges avec les adultes les ont aidés à construire leur carrière. Aujourd’hui, ils amènent de nombreux amis au Lavoir.

Aujourd’hui, 16 familles se partagent les logements, une salle commune qui tient lieu également de buanderie et des espaces extérieurs pour manger, passer le temps et sociabiliser. La fête tous les soirs ? Non. Si autrefois les fondateurs de cette copropriété réquisitionnaient souvent la salle commune, les voisins les ont incités à calmer le jeu.

Comment se passent les assemblées de copropriété dans un tel lieu ? Après avoir opté pour un statut de société civile particulière, puis d’un copropriétaire syndic bénévole, le Lavoir est aujourd’hui géré par un syndic extérieur. Des petites commissions se réunissent, selon les thèmes et les centres d’intérêt. Chacun se voit attribuer un espace de nettoyage et de balayage. En juin, tout le monde est mobilisé autour d’un week-end kärcher et nettoyage de parking. Un compte commun est affecté à la salle commune et un seul compteur d’eau fonctionne pour toute la résidence : chacun paie au prorata de la superficie de son logement. Et n’importe qui peut vendre son bien comme il l’entend.

Certaines mesures particulières cependant : par exemple, une taxe sur les chats, aujourd’hui disparue, au nom de la protection des fleurs. Les utilisateurs des deux-roues paient l’accès à un parking, prêté par une propriétaire sans voiture. Enfin, les utilisateurs des machines à laver de la buanderie participent financièrement, au moment de les racheter.

Le Lavoir composte également : chaque riverain possède une petite poubelle de compost et la Mairie de Paris a fourni trois bacs. Une habitante relève avec humour :

« Pendant que le maître composteur nous tutélisait, nous devions noter le nombre de poubelles jetées dans les trois bacs et dater. Nous ne le faisons plus… »

En revanche, chacun des riverains possédant un espace terrasse et des pots de fleurs, ils se satisfont tous de pouvoir utiliser ce matériau.

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